Préavis de démission : durée, dispense et pièges à éviter
Combien de temps devez-vous rester, et comment partir plus tôt sans rien perdre.

Vous avez trouvé mieux ailleurs et vous voulez partir vite. Mais entre la lettre de démission et le dernier jour, il y a le préavis — une période souvent mal comprise, et source de bien des litiges. Voici les règles.
Une durée fixée par la convention collective
Le Code du travail ne fixe pas de durée générale de préavis de démission (sauf pour quelques professions). C'est votre convention collective, ou à défaut l'usage de la profession, qui détermine la durée : souvent un mois pour un employé, trois mois pour un cadre. Vérifiez votre convention avant d'annoncer une date à votre futur employeur.
La démission doit être claire et non équivoque

Une démission donnée sous le coup de la colère ou de la pression peut être contestée. La jurisprudence exige une volonté « claire et non équivoque » de rompre le contrat. Un mail envoyé un soir de tension ne vaut pas toujours démission : c'est d'ailleurs un point commun avec la rupture conventionnelle, où le consentement est tout aussi scruté.
Se faire dispenser de préavis
Deux cas de figure :
- vous demandez la dispense de préavis : si l'employeur accepte, vous partez plus tôt mais perdez le salaire de la période non travaillée ;
- l'employeur l'impose : il doit alors vous payer l'intégralité du préavis, comme si vous l'aviez effectué.
La nuance est financière et capitale : faites toujours formaliser l'accord par écrit.
Les cas où le préavis disparaît

Certaines situations dispensent légalement de préavis : démission pendant la grossesse, pour élever un enfant, ou en cas de manquement grave de l'employeur. Dans ce dernier cas, mieux vaut envisager une prise d'acte, dont les conséquences se rapprochent d'un licenciement abusif si le juge vous donne raison.
Le réflexe à garder
Avant de démissionner, vérifiez aussi vos droits en attente : solde de congés, heures supplémentaires non payées, primes. Une démission ne les efface pas — ils vous restent dus.
Questions fréquentes
Doit-on envoyer sa démission par lettre recommandée ?
La loi n'impose pas de forme particulière : un mail ou une lettre simple peuvent suffire. La lettre recommandée avec accusé de réception reste cependant recommandée pour éviter tout litige sur la date et la réalité de la démission.
Perd-on ses droits au chômage en démissionnant ?
En principe, une démission volontaire ne ouvre pas droit aux allocations chômage. Des exceptions existent (démission dite « légitime »), notamment pour suivre un conjoint ou reprendre une activité. France Travail examine chaque situation.
L'employeur peut-il refuser la dispense de préavis demandée par le salarié ?
Oui. La dispense accordée à la demande du salarié nécessite l'accord de l'employeur. Sans cet accord, le salarié est tenu d'effectuer son préavis, sous peine de devoir des dommages-intérêts.
Qu'est-ce qu'une prise d'acte de rupture du contrat de travail ?
C'est une rupture à l'initiative du salarié en raison de manquements graves reprochés à l'employeur. Si le juge valide ces manquements, la rupture produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse ; dans le cas contraire, elle est requalifiée en démission.



