Un licenciement abusif ouvre droit à des indemnités

Barème Macron, indemnité légale, préavis : ce à quoi vous pouvez prétendre.

Un licenciement abusif ouvre droit à des indemnités

« Licenciement abusif » : l'expression rassure autant qu'elle inquiète. Côté indemnités, la réalité est encadrée par un barème — celui qu'on appelle le barème Macron — et mieux vaut en connaître les bornes avant de saisir le juge.

Qu'est-ce qu'un licenciement « sans cause réelle et sérieuse » ?

C'est un licenciement dont le motif est inexistant, faux ou insuffisant. Un retard isolé, une faute non prouvée, un motif économique de façade : autant de cas où le juge donne tort à l'employeur. La distinction « réelle » (le fait existe) et « sérieuse » (il justifie la rupture) est au cœur de presque tous les dossiers.

Le barème Macron, mois par mois

Illustration : Le barème Macron, mois par mois
Le barème Macron, mois par mois

Depuis les ordonnances de 2017 et leur validation par la Cour de cassation en 2022, l'indemnité est plafonnée selon l'ancienneté : environ 1 mois de salaire pour 1 an, 3 mois pour 2 ans, jusqu'à 20 mois pour 30 ans et plus. Le juge se déplace dans cette fourchette selon votre préjudice réel : âge, difficulté à retrouver un emploi, charges de famille.

Vidéo : « Licenciement abusif : quelles indemnités ? » — YouTube

Ce qui s'ajoute au barème

  • l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement ;
  • l'indemnité compensatrice de préavis et de congés payés ;
  • des dommages pour circonstances vexatoires (annonce humiliante, mise à l'écart).

Ces sommes se cumulent : le barème ne « mange » pas le reste.

Monter un dossier qui tient

Illustration : Monter un dossier qui tient
Monter un dossier qui tient

Tout se joue sur la preuve, exactement comme pour des heures supplémentaires : la lettre de licenciement (où le motif est figé), les échanges, les témoignages de collègues. Un détail décisif : l'employeur ne peut pas invoquer après coup un motif absent de la lettre.

Faut-il toujours aller au procès ?

Pas forcément. Beaucoup de litiges se soldent par une transaction. Et quand le départ est encore à venir, une rupture conventionnelle bien négociée évite le contentieux tout en sécurisant le chômage. Mon conseil de juriste : chiffrez les deux scénarios avant de trancher.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre licenciement abusif et licenciement nul ?

Un licenciement abusif est sans cause réelle et sérieuse : le juge accorde des indemnités. Un licenciement nul (motif discriminatoire, atteinte à une liberté fondamentale) ouvre droit à la réintégration dans l'entreprise ou à des indemnités majorées, sans plafond du barème Macron.

Le barème Macron s'applique-t-il à toutes les entreprises ?

Oui, depuis sa validation par la Cour de cassation en 2022, il s'applique à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sauf pour les licenciements nuls qui en sont exclus.

Peut-on contester le montant fixé par le juge dans la fourchette du barème ?

Le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation à l'intérieur de la fourchette légale. Il tient compte de critères comme l'âge, l'ancienneté et la situation personnelle du salarié. La décision peut être contestée en appel, mais pas au seul motif que le montant est bas dans la fourchette.

Que se passe-t-il si l'employeur n'indique pas de motif dans la lettre de licenciement ?

L'absence de motif dans la lettre de licenciement rend celui-ci automatiquement sans cause réelle et sérieuse. L'employeur ne peut pas compléter ou modifier le motif après l'envoi de la lettre.

Marc Leroy

Marc Leroy

Juriste en droit social — droit du travail et contentieux prud'homal

Juriste diplômé en droit social, Marc a exercé quinze ans en cabinet aux côtés d'avocats spécialisés, où il a préparé plusieurs centaines de dossiers prud'homaux (licenciement, rupture conventionnelle, heures supplémentaires, harcèlement). Il met cette expérience de terrain au service de guides précis, à jour des dernières réformes et arrêts de la Cour de cassation, pour que chaque salarié comprenne ses droits avant d'agir.

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