L'assurance-vie échappe en grande partie aux droits de succession

Hors succession, abattement de 152 500 €, seuil des 70 ans : ce qui change pour vos bénéficiaires.

L'assurance-vie échappe en grande partie aux droits de succession

L'assurance-vie est souvent présentée comme l'outil de transmission par excellence. À raison : elle échappe en grande partie aux règles classiques de la succession. Mais sa fiscalité dépend d'un détail décisif — l'âge auquel vous avez versé.

Un capital « hors succession »

Les sommes versées à un bénéficiaire désigné dans un contrat d'assurance-vie ne font, en principe, pas partie de la succession (article L.132-12 du Code des assurances). Elles ne sont donc pas soumises aux droits de succession classiques ni, le plus souvent, à la réserve héréditaire — d'où leur intérêt pour avantager un proche.

Avant 70 ans, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Illustration : Versements avant 70 ans : l'abattement de 152 500 €
Versements avant 70 ans : l'abattement de 152 500 €

Pour les primes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, le capital est taxé à 20 %, puis 31,25 % au-delà de 700 000 €. Un couple peut ainsi transmettre des sommes considérables à plusieurs bénéficiaires en franchise quasi totale.

Vidéo : « Assurance vie au décès : fiscalité et abattement » — YouTube

Après 70 ans, le régime fiscal change

Pour les primes versées après 70 ans, l'avantage se réduit : un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), au-delà duquel les sommes réintègrent la succession et suivent les droits classiques. Bonne nouvelle toutefois : les intérêts et plus-values, eux, restent exonérés.

Bien rédiger la clause bénéficiaire

Illustration : Bien rédiger la clause bénéficiaire
Bien rédiger la clause bénéficiaire

Tout se joue sur la clause bénéficiaire. Une clause floue ou jamais mise à jour après un divorce peut envoyer le capital à la mauvaise personne. Relisez-la à chaque événement de vie, comme vous le feriez pour un testament.

Le réflexe à garder

L'assurance-vie complète une stratégie de transmission, elle ne la remplace pas. Combinée à des donations de votre vivant, elle permet d'optimiser ce que reçoivent vos proches. Un point d'étape avec un notaire avant 70 ans peut faire économiser des milliers d'euros.

Questions fréquentes

L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?

Non, en principe. Les capitaux transmis via un contrat d'assurance-vie à un bénéficiaire désigné sont hors succession et ne sont pas partagés entre les héritiers selon les règles légales.

Que se passe-t-il si aucun bénéficiaire n'est désigné ?

Si la clause bénéficiaire est absente ou si le bénéficiaire est décédé avant l'assuré sans substitution prévue, le capital réintègre la succession et est soumis aux droits classiques.

L'abattement de 152 500 € s'applique-t-il par contrat ou par bénéficiaire ?

Il s'applique par bénéficiaire, tous contrats confondus. Chaque bénéficiaire dispose de son propre abattement, quel que soit le nombre de contrats dont il est désigné.

Peut-on contester la clause bénéficiaire d'une assurance-vie ?

C'est très limité. La clause peut être remise en cause si les primes versées sont manifestement exagérées par rapport au patrimoine de l'assuré, au titre du rapport ou de la réduction pour atteinte à la réserve héréditaire.

Henri Vasseur

Henri Vasseur

Juriste en droit patrimonial — successions, testaments et donations

Juriste en droit patrimonial, Henri a exercé dix ans en office notarial comme collaborateur avant de se consacrer à la pédagogie juridique. Il explique l'héritage, les testaments et les donations en s'appuyant sur le Code civil (réserve héréditaire, quotité disponible) et la pratique notariale, pour aider chacun à anticiper une succession sereinement.

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